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Le médicament une affaire à ne pas mettre entre toutes les mains !

jeudi 22 janvier 2015, par bisisa

Tout le monde a dans l’esprit l’affaire du Mediotor en France, l’affaire des prothèses mammaire ; ou encore l’affaire du sang contaminée, qui poussa à la démission des ministres en France il y quelques années de cela.

Ces affaires démontrent à suffisance que le médicament dans le fonctionnement d’un état moderne n’est pas une banale affaire. Dans l’union européenne, le domaine du médicament reste un domaine assez réservé de chaque état membre. La Belgique en son temps avait gentiment mais fermement refusé la commercialisation du mediator, la suite vous la connaissez.

Il y a quelque temps, la ministre en charge de la santé au Burundi a tenté de mettre sur pied une réglementation qui visait de clarifier le circuit d’approvisionnement de distribution et de traçabilité du médicament sur le sol burundais. Une certaine unanimité s’est dégager au niveau ministériel pour renvoyer le projet aux calendes grecques en le noyant dans la réglementation globale sur le commerce et les biens de consommation courante.

Pour un observateur quelconque cela coule du bon sens général, néanmoins pour quelqu’un qui pourrait pousser le raisonnement plus loin, il est évident que le médicament n’est pas une marchandise banale comme les autres : il y a quelques années le gouvernement suédois dans un souci de libéraliser(pour raison de stimulation de la concurrence afin de diminuer les prix de certains médicaments de base) il avait autorisé la vente(délivrance) du paracetamol : dans les stations services et des boutiques des quartiers. Le gouvernement suédois fut surpris de constater quelques temps après une augmentation des hospitalisations surtout chez les adolescents consécutives à l’intoxication volontaire ou non lié au paracétamol(rappelons que le paracétamol à forte doses entraîne une toxicité hépatique et rénale).

Depuis lors le gouvernement suédois a fait rentrer le paracétamol en pharmacie.

Au Burundi, nous en sommes encore sur le plan de la distribution à mélanger l’aspirine et les alcools spiritueux, le vendeur de Kanyanga et le pharmacien ; le fabricant d’un antibiotique et et celui de l’alcool à brûler parce que voyez vous, pour nos chers ministres tout ce beau monde sont tous des opérateurs économiques point à la ligne.

Mais dans ce monde, j’entends dire souvent que la santé n’a pas de prix ! Mais tout de suite disons qu’elle a un coup.

Pourquoi donc vouloir placer le médicament entre les mains de ceux qui ne seront intéressés que par le prix et non le coût que cela occasionne à l’ensemble de la collectivité.

Dans le cas du paracétamol, le gouvernement suédois était intéressé par la diminution du prix pour le citoyen, mais la conséquence est que la diminution du prix a occasionné un coût élevé pour la santé et la collectivité suédoise, étant donné le coût des hospitalisations, conséquence de la consommation non avisée du paracétamol.

Je voudrais inviter nos chers ministres et gouvernants du pays de Mwezi Gisabo, de Narunyonga et Samadari de ne pas prendre à la légère le contrôle de la délivrance, distribution, importation, et fabrication de la "denrée" médicament. C’est hautement autre chose qu’une simple marchandise ; comme le voudrait le faire croire les différents "opérateurs" économiques impliqués en la matière ; c’est une arme à double tranchant, et dans certaines situations c’est une arme tout court.

Il faut impérativement résister aux lobbys puissant et aux intérêts purement mercantiles des tenants et aboutissant qui voudraient confiner le médicament dans le rôle d’une simple marchandise.

Il en va de la santé des habitants de ce pays à commencer par les gouvernants.

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